USA Nord-Est – 2022 – Jours 5 et 6 – En route vers Lancaster

Jour 5

La replanification du voyage a fait que, encore une fois, l’aspect RoadTrip y a joué une part prépondérante. Nous le savions, le crochet pour Acadia avait un intérêt non négligeable, mais allait forcément faire que nous allions passer ensuite beaucoup de temps en voiture, pour rejoindre la zone où les points d’intérêts de notre voyage était plus concentrés. C’est donc pour le pays Amish que nous prenions la direction, avec 8 bonnes heures de route au minimum, et donc à la recherche de quoi agrémenter un peu notre voyage, et nous faire sortir des Interstate, au moins le temps de manger et voir un Capitole, ces bâtiments qui abritent les gouvernements de chaque état et que l’on retrouve dans chacune des 50 capitales.

C’est d’ailleurs celui du Connecticut, achevé en 1878 à Hartford, que nous pourrons voir ce jour-là, après être déjà passés par le Massachussetts et le Vermont dans la matinée. S’il reste assez classique dans sa structure, il n’en demeure pas moins impressionnant avec sa très jolie coupole dorée. Nous n’en visiterons pas l’intérieur, mais comme tous les capitoles, l’entrée est gratuite et il est possible pour certains d’avoir des visites guidées, n’hésitez donc pas si l’envie vous prend, c’est toujours un excellent moyen d’en apprendre davantage sur l’Histoire d’un Etat.

L’arrêt suivant est un arrêt un peu particulier. De ceux dont parfois nous ne nous souvenons plus d’où nous en avions entendu parler, mais qui semblent se rappeler à vous comme par magie, histoire que vous ne les oubliez pas en route. Hawks Nest Lookout dans l’état de New York est un peu de ceux-là. Il s’agit finalement d’une route panoramique surplombant le fleuve Delaware, dont la particularité est surtout cet enchevêtrement de lacets qui offrent un magnifique cliché. Nous l’avions découverte, soit sur une image aléatoire défilant sur nos ordinateurs en fonds d’écran, soit en parcourant les différents blogs de voyage nous permettant de composer à l’origine nos voyages. Le détour pour y aller n’était finalement pas si terrible, et après 8h de route, on n’est clairement plus à 15 minutes près. Notre conseil reste tout de même de ne pas oublier qu’il s’agit d’une route qu’emprunte un grand nombre de locaux, qui, même s’ils restent prudents en connaissance de cause, n’ont pas besoin de touristes plantés au milieu de la chaussée pour faire le cliché parfait. Faites donc bien attention si vous vous y arrêtez, et n’hésitez pas à prendre le temps de contempler la vue panoramique qui s’offre à vous et qui n’a rien à envier à toutes celles que nous avions pu voir jusque là.

C’est directement après cet arrêt que nous avons franchi la frontière avec la Pennsylvanie en traversant le joli pont métallique séparant Port Jervis, CO de Matamoras, PA. La pluie était de retour, et il n’était donc plus question de s’arrêter avant d’avoir atteint Lancaster, et ainsi les portes du pays Amish.

Jour 6

La journée au sein du pays Amish nous laisse une sensation comme nulle autre dans ce RoadTrip. Il, ne l’attendait pas avec beaucoup d’impatience, mais Elle, voulait quand même comprendre les fondements de cette communauté. Au final, l’un comme l’autre avons passé une très bonne journée, et compris que nos a priori sur cette communauté étaient assez loin de la réalité, ce que nous allons essayer de vous exposer avec autant de détails et d’objectivité possible.

Tout a commencé par une visite du Amish Village, que nous redoutions un peu, étant donné l’aspect « attrape-touriste » que véhiculait ce musée, en partie à ciel ouvert. Mais difficile de trouver un point d’entrée permettant d’en apprendre davantage, et sur ce point, The Amish Village n’a pas que des mauvais côtés. La visite commence par la découverte d’une ancienne maison Amish, transformée aujourd’hui en musée, avant de sortir dans l’arrière cour où se côtoient une mini-ferme, des bâtiments tels qu’une épicerie, une école, et un petit snack. La partie guidée au sein de la maison permet d’en apprendre plus sur les origines d’abord des Amish, qui contrairement à ce que l’on croyait, ne viennent pas d’Allemagne ou des Pays-Bas, mais de Suisse. Leur nom provient de leur fondateur, Jakob Amman, et leur arrivée progressive aux Etats-Unis est due au fait qu’un certain William Penn (qui n’est autre que le fondateur de la Pennsylvanie) leur ouvre les bras (au même titre qu’aux autres réprouvés) à la condition qu’ils respectent les autres. C’est donc ainsi que s’instaure initialement une grosse communauté Amish dans cet état. De quelques milliers d’Amish au 17ème siècle, on est aujourd’hui plus proche des 400 000 Amish aux Etats-Unis, répartis dans plus de trente des cinquante Etats, sans pour autant que la cohabitation ne soit problématique.

Le musée nous montre ensuite le mode de vie supposé des Amish, présentant une vie simple, sans fioriture, axée sur l’autosuffisance, ou éventuellement les échanges de bons procédés. Jusque là, rien de faux à première vue, ni rien d’extravagant de ce que l’on a appris ces dernières années du côté positif de pouvoir vivre du local. Mais le plus surprenant provient sûrement du fait que comme dans la croyance populaire que nous avons tous pu entendre, les Amish n’utilisent pas l’électricité. En effet, ils refusent la technologie, s’isolent des médias, et adaptent toute la partie chauffage/ménagère soit en moyens classiques comme le bois par exemple, soit en moyens adaptés, comme un réfrigérateur, ou d’autres appareils ménagers fonctionnant au gaz (parfois même modifiés directement par les Amish). Le guide va même jusqu’à nous dire que les Amish n’hésitent pas, lorsqu’ils en ont l’occasion, à racheter des maisons construites par des Américains, à retirer toute la partie électricité et à les transformer en une maison Amish digne de ce nom, en adéquation avec leur mode de vie. Voilà où nous en étions en fin de matinée, avant d’aller déjeuner à l’extérieur, sous un beau soleil, enfin de retour !

L’après-midi, après avoir fait le tour des différentes attractions du musée, nous avons fait le circuit en navette avec un guide, permettant d’en voir un peu plus sur les fermes Amish alentours. Ce que nous avons apprécié, malgré l’aspect un peu voyeur de la balade, c’est qu’un vrai respect existait entre les Américains vivant de ces « attractions » touristiques, et les Amish, ne faisant que vivre leur petite vie, a priori tranquille, au sein de leurs exploitations. On n’imaginait pas qu’il y en avait autant d’ailleurs, et l’on ne s’imaginait pas que leur présence était aussi disséminée. Nous pensions plutôt découvrir une zone entièrement habitée par les Amish, en communauté, et pas à voir des maisons américaines côtoyant des fermes Amish. Mais il s’agit là, au même titre que les calèches côtoyant les voitures, d’un bel exemple de cohabitation réussie. Cela va même plus loin, avec des épiceries locales, de produits frais, et de spécialités Amish, dans lesquelles se rendent tous les locaux afin d’entretenir l’économie locale.

Le billet combiné: visite du musée + tour en navette nous aura coûté $32/personne.

Ce qui a néanmoins bien nuancé notre découverte du pays Amish, voire même plutôt touché notre sensibilité, c’est le tour de Buggy que nous avons fait chez Abe’s Buggy Rides, recommandé par la dame à l’accueil de The Amish Village. Sans opter pour le plus long, hors budget, nous avons fait celui d’une vingtaine de minutes, juste histoire de découvrir ce mode de déplacement atypique. Mais de ce trajet, nous ne retiendrons pas les petites routes empruntées, les points remarquables où la galère parfois pour passer à un croisement parmi les voitures, avec un cheval semblant impassible. Nous ne retiendrons que l’échange qu’Elle a pu avoir avec notre guide. Et nous sommes tombés de très haut, parfois presque choqués d’apprendre que toute cette image que nous avions eu de la vie des Amish, encore aujourd’hui, n’était finalement qu’une représentation caricaturale, peut-être juste dans les années 1930-40, mais plus après. Alors qu’on nous avait dit que les Amish rangeaient leur seul téléphone dans une petite boîte métallique au bout de l’allée menant à leur ferme, qu’ils n’avaient pas d’électricité, n’étaient pas préoccupés par l’actualité, ne voyageaient pas, ne prenaient pas l’avion, ne portaient pas de maillots de bain… Nous avons compris qu’ils étaient comme nous tous, qu’ils évoluaient avec leur temps, à leur rythme sûrement, mais sans pour autant être à contre-courant complet. Le plus touchant était de voir combien il était important pour notre guide de rétablir cette vérité, si chère pour elle, et de nous dire que si son amour pour cette vie et cette communauté était réel, elle n’en demeurait pas moins comme nous, humaine. Au point d’évoquer la possibilité pour ses enfants de faire leur propre choix, de nous parler de leurs projets de vacances. On a vraiment eu la sensation de vivre un moment spécial, remettant l’ensemble en perspective.

Aujourd’hui, avec le recul, nous ne voulons pas tout dévoiler de notre conversation, par respect pour les gens nous ayant confié leur ressenti, et quelques pans de leurs vies, mais nous avons pu lire entre les lignes, qu’il n’est jamais question de blanc ou noir, et qu’il est important de retenir l’aspect communauté, la cohabitation réussie, la préservation de cette culture et l’acceptation qui va avec. Nous avons terminé notre passage dans cette zone par un arrêt au Farmers Market de Bird-in-Hand, où il est vraiment possible d’y trouver tout et n’importe quoi, jusqu’à des bonbons que nous n’avions plus vus depuis une dizaine d’années au moins. Kitchen Kettle Village semblait déjà marquer la sortie du cœur du pays Amish, avec davantage de franchises, et moins de petites boutiques de produits locaux. Nous n’y avons fait qu’un court arrêt, avant de reprendre la route pour Gaithersburg, au Nord de Washington DC.

Dernier arrêt sur la route, le Gettysburg National Military Park, un autre lieu de l’Histoire de Etats-Unis, où a lieu en 1863 la bataille éponyme, pendant la guerre de Sécession. Si en tant qu’Européens nous en savons trop peu sur cette guerre et ses enjeux, nous en apprendrons un peu plus pendant notre passage à Philadelphie et comprendront que les Etats-Unis que l’on connaît aujourd’hui y sont fortement liés. Il s’agit dans tous les cas de la plus importante bataille en termes de pertes humaines, et de l’un des tournants de la guerre de Sécession. Il est possible de traverser les allées au milieu de champs de bataille en voiture, de s’arrêter et de monter au sommet du State of Pennsylvania Monument pour prendre conscience de l’ampleur de cette bataille avant d’aller se recueillir au cimetière militaire, où l’on retrouve un marqueur de l’endroit où Abraham Lincoln avait prononcé le discours de Gettysburg, dans lequel il évoque le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », reprise maintes fois dans l’Histoire ensuite.

Pour finir la soirée sur une note plus fun, c’est au Monster Mini Golf de Gaithersburg que nous nous rendrons après fait notre check-in à l’hôtel non loin. Nous profiterons des jeux d’arcade après avoir fait une partie de mini-golf où Il, finira par littéralement l’exploser Elle, pour l’une des rares fois de notre histoire à nous…! Suffisamment rare pour être mentionnée ici.

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