Berlin – 2017 – Jour 3

En ce dernier jour sur place, nous retournerons déjeuner là où nous avions débuté la journée la veille, en face du zoo. Une fois terminé, nous prendrons la direction du parc du Tiergarten, immense poumon vert de la ville, particulièrement charmant en ce début de journée. Il ‘agit de l’un des plus grands parcs de la ville et d’Allemagne, historiquement le plus ancien.

Nous avions prévu d’aller au moins jusqu’à la Colonne de la Victoire, située en plein centre du parc, à l’intersection de toutes ses artères, sans encore trop savoir si nous y monterions ou non. Finalement, nous ne prendrons que quelques clichés d’en bas, le programme encore à venir étant bien riche pour s’arrêter le temps d’une visite qui nous offrirait une vue pas forcément essentielle.

Nous remontons vers le nord jusqu’à passer devant le Château Bellevue, qui offre, quant à lui, une magnifique vue depuis ses grilles. Il n’est de toute façon pas possible d’en visiter davantage en dehors des journées de la Fête Citoyenne. Nous poursuivons donc ensuite vers l’Est jusqu’à passer devant le mémorial soviétique, imposant tant par son architecture que par les statues des soldats Russes trônant au sommet de l’arche que par les deux blindés T-34, parmi les premiers à avoir pénétré dans la ville lors de sa libération. Nous apercevions les préparatifs de la fête du passage à 2018 qui battaient leur plein sur l’avenue encore majoritairement déserte au beau milieu du Tiergarten, et le moins que l’on puisse dire c’est que la fête promettait d’être belle. Juste après un second passage sous la porte de Brandebourg, après avoir pu prendre un cliché du Palais du Reichstag de jour, nous avons repris les transports pour aller jusqu’au Centre de documentation du mur de Berlin.

C’est à cet endroit qu’un tronçon complet du mur est conservé. On y retrouve le no man’s land séparant les deux murs, intérieur et extérieur, ainsi que les pylônes d’éclairage et le chemin de ronde. Cet ensemble permet de se rendre compte de ce qu’était la partition de la ville dans les années 1980. Face à ce pan de mur, il est possible d’arpenter les niveaux superposés du centre de documentation qui offre, d’ailleurs, au dernier étage de sa plateforme extérieur une vue imprenable sur ce qu’il reste du mur. La visite du centre mérite également quelques minutes de votre temps car sans elle, difficile de bien appréhender ce que pouvaient vivre les Berlinois à cette époque. Le tronçon conservé se poursuit d’ailleurs au delà par une représentation plus artistique de la ligne du mur, elle est ainsi visible directement depuis votre sortie du métro situé non loin lorsque vous arrivez du centre.

Ce jour là, nous avions réservé la visite de l’ancienne prison de la Stasi, Berlin-Hoheschönhausen, en milieu d’après-midi. Nous avions donc un objectif, et avons adapté notre planning au temps restant pour profiter un maximum sans prendre de retard pour rejoindre ce lieu de visite, le plus excentré de notre voyage. Ainsi, nous avons eu l’opportunité de passer sur la Bebelplatz, autre lieu important de Berlin, puisque théâtre de l’autodafé de 1933, où plus de 20 000 ouvrages jugés non allemands ont été brûlés. La place est aujourd’hui aussi sublime qu’au tragique passé, car l’on y retrouve de magnifiques bâtiments comme la cathédrale Ste-Edwige, l’opéra d’Etat et l’hôtel de Rome.

Nous venions à ce moment là du Gendarmenmarkt, où un magnifique marché de Noël vit ses derniers beaux jours et nous permet ainsi de nous restaurer de manière plus régionale, enfin presque. Il optera pour un fameux currywurst, Elle choisira raclette… Mais parcourir les stands sur une touche plus légère ne fut pas non plus pour nous déplaire, surtout que le reste de la journée restait encore aussi historique que chargée en émotions. Nous avons quitté le marché par une sortie à l’opposé de là où nous y étions entrés, évitant ainsi de nous replonger dans la foule ici bien réunie et présente.

Direction la Rotes Rathaus, l’Hôtel de Ville de Berlin, bâtiment superbe et atypique, parfaitement reconnaissable. Elle est située à distance raisonnable, à l’Est du centre, et a comme voisine proche la jolie Académie de musique. Mais ce qui nous a amené dans ce quartier en premier lieu, c’est le quartier Saint Nicolas, le plus ancien quartier de Berlin. Il s’articule autour de l’église du même nom, et a la particularité, s’il a été détruit presque totalement lors de la Seconde Guerre Mondiale, d’être reconstruit le plus fidèlement possible à l’origine pour recréer l’illusion d’un vieux quartier de Berlin. Même en sachant cela, difficile de ne pas être sous le charme de ce lieu assez paisible, à échelle plus humaine et non loin de la Spree.

C’est donc ensuite en tramway que nous rejoignons le nord-est de la ville, avec un quartier plus modeste, plus typique qui nous attend. Dans celui-ci se trouve un lieu important de la persécution subie par de nombreuses personnes pendant la Guerre de 1939-45, puis pendant la Guerre Froide. Derrière les murs d’enceinte, on sent encore une fois le tragique passé de l’endroit, où seul le guide nous faisant traverser ces différents lieux d’oppression nous permet de bien cerner tout ce pan de l’histoire de la prison, que nous ne résumerons pas ici, cette histoire étant bien trop complexe à retranscrire rapidement. Nous nous souvenons néanmoins de ces minuscules cellules, de ces explications concernant une torture tant physique qu’insidieuse, de ces dénonciations de la population aboutissant finalement à des incarcérations, de cette mise en prison de tout opposant au régime, même simplement soupçonné. C’est une visite marquante, éprouvante presque parfois, mais nécessaire pour bien assimiler le lourd passé de la ville, et l’ambiguïté de cette ville, coupée en deux pendant des dizaines d’années. A noter d’ailleurs qu’il est possible de visiter la prison avec d’anciens prisonniers, aujourd’hui guides pour les visites dans la langue du pays. Notre visite en anglais n’en a néanmoins pas pour autant perdu son intérêt tant notre guide maîtrisait son sujet elle aussi, malgré le fait qu’elle ne l’avait pas vécu personnellement.

Sur le retour, nous profiterons de la sérénité du quartier pour nous replonger tout doucement dans notre voyage, et laisser derrière nous toutes ces choses appartenant, heureusement, maintenant au passé. Nous retournerons au centre, repassant devant le grand centre commercial Alexa, aussi atypique à l’extérieur que classique à l’intérieur, dans lequel nous passerons quelques heures, avant de retrouver le quartier de notre hôtel pour un peu de shopping de dernière minute et dîner. Sur la jonction jusqu’à notre point de départ en transports, nous passerons devant le palais des larmes, énième lieu clé, de la mise en place du mur de Berlin. Ce poste frontière a été surnommé ainsi à cause des nombreux adieux ayant eu lieu entre ses murs. En effet, il y avait ici un dernier poste de contrôle veillant à ne laisser passer que les personnes ayant le droit de traverser, et c’est donc là que se passaient les derniers au revoir. Fermé lorsque nous sommes arrivés devant, il permet aujourd’hui aux visiteurs de découvrir des objets d’époques, des documents ainsi qu’une exposition permettant de mettre en avant la division de la ville de l’époque.

De retour dans le quartier de notre hôtel, nous avons fait quelques grands magasins, dont certains plus pour l’architecture que pour les produits hors de portée de notre porte-monnaie qu’ils vendaient. Tout cela avant un dernier dîner, un dernier dessert sur le marché de Noël, et une dernière nuit avec réveil au tout petit matin pour repartir rapidement, sans plus avoir le temps de se retourner sur cette ville, définitivement la plus riche historiquement parlant que nous ayons pu visiter.

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