En ce troisième jour sur place, nous avons planifiĂ© de nous Ă©loigner davantage du centre, pour tenter plusieurs expĂ©riences très diffĂ©rentes, plus modernes aussi. C’est en train que nous avons rejoint le quartier oĂą se trouve le Ericsson Globe. Si le globe est en fait une salle omnisports, c’est surtout son activitĂ© Skyview proposĂ©e qui nous a attirĂ© jusqu’Ă lui.
De par sa conception, le globe vous permet via un ascenseur extĂ©rieur, de grimper jusqu’Ă son sommet dans une bulle. Il a cela d’intelligent que, dans son fonctionnement, c’est la bulle en haut qui permet, en grande partie, Ă la bulle d’en bas de monter, et vice-versa lorsque la seconde bulle a atteint le sommet. Nous avons bien senti que nous nous Ă©tions Ă©loignĂ©s du centre, les touristes se rarĂ©fiant, et le quartier Ă©tant très calme. Heureusement cela dit, parce que le nombre de places est limitĂ© et en pĂ©riode de forte affluence, la visite doit ĂŞtre bien moins facile Ă faire. A noter que nous avions un peu d’avance, mais que rien ne nous aura vraiment permis de tuer un peu le temps autour du globe, le quartier devant surtout vivre de cela et comportant de nombreux grands bâtiments devant ĂŞtre des bureaux ou des entreprises. En tout cas, la ville vue d’en haut mĂ©rite le petit tour d’ascenseur. L’expĂ©rience Ă©tant dans le pass, nous ne pouvions passer Ă cĂ´tĂ©, surtout parce qu’elle reste assez unique en son genre.





C’est ensuite au hasard des rues que nous avons rejoint le musĂ©e de la photographie, sur la rive Sud de Stockholm, si l’on peut le dire ainsi. Nous n’avions pas planifiĂ© d’y entrer initialement, enfin du moins, pas pour en faire la visite complète, mais simplement, au mieux pour y admirer la vue depuis le cafĂ© Ă l’Ă©tage, qui d’après notre guide de poche valait le coup d’œil. Mais alors que des trombes d’eau commençaient Ă nous tomber sur la tĂŞte, nous avons dĂ©cidĂ© d’aller en parcourir quelques niveaux, avec au mieux l’occasion de tuer un peu le temps devant un art pour lequel nous n’avons pas forcĂ©ment la sensibilitĂ© nĂ©cessaire. Finalement, quelques collections ressortaient du lot quand mĂŞme, et je me souviens de quelques clichĂ©s percutants, rendant ainsi la visite au moins intĂ©ressante.


Quelques quarts d’heure plus tard, notre bateau arrivant doucement au loin, sous un flot incessant, nous sommes finalement sortis pour affronter le dĂ©luge et l’attendre, de peur de le manquer. Il nous a ramenĂ© vers le centre, oĂą nous avons choisi de faire les boutiques, Ă la recherche d’une inespĂ©rĂ©e protection contre cette pluie, bien dĂ©cidĂ©e Ă s’installer pour le reste de la journĂ©e.
Nous sommes Ă un moment tombĂ©s sur le musĂ©e de l’armĂ©e, au dĂ©tour d’une petite rue piĂ©tonne, interpellĂ©s par la musique que nous entendions. Il se trouvait non loin du marchĂ© couvert dans lequel nous voulions nous abriter et profiter d’une petite pause, mais dont les portes Ă©taient dĂ©jĂ fermĂ©es pour le reste de la journĂ©e.




C’est donc suite Ă cela que nous avons pris la direction de l’Invisible Exhibition, dont nous avions rĂ©servĂ© une session par internet, après y ĂŞtre arrivĂ©s un peu trop tard la veille après le musĂ©e de la technologie. Incluse dans le pass Ă cette Ă©poque, elle n’en fait aujourd’hui plus partie et semble mĂŞme dĂ©finitivement fermĂ©e Ă Stockholm. Elle reste nĂ©anmoins toujours en activitĂ© dans d’autres villes europĂ©ennes comme Budapest, et nous ne saurions que trop vous recommander de tenter l’expĂ©rience.
Celle-ci consiste Ă parcourir plusieurs salles, correspondant chacune Ă un scĂ©nario de la vie quotidienne, plongĂ©es dans le noir, et accompagnĂ© d’une personne malvoyante ou non-voyante. Après une petite introduction en sa compagnie, nous avons pĂ©nĂ©trĂ© dans les premières pièces complètement Ă l’aveugle, et essayĂ© de repĂ©rer face Ă quoi nous Ă©tions, de comprendre comment faire, pour se faire Ă manger, pour s’orienter, pour utiliser ses autres sens quand la vue ne peut pas ou plus nous servir. Au dĂ©but, vous ĂŞtes complètement dĂ©stabilisĂ©s, vous avez peur de tomber, de percuter votre voisin de devant, ou mĂŞme votre guide, mais finalement vous apprenez Ă avancer dans le noir, Ă garder des repères, Ă suivre l’angle du meuble, ou Ă Ă©couter ce qui vous entoure. Bien Ă©videmment, nous n’apprendrons pas Ă supplanter notre vue en une heure, mais l’expĂ©rience vous sensibilise, casse certains prĂ©jugĂ©s, et vous apprend plein de choses.
En ressortant, la première chose qui vous interpelle, c’est qu’une heure s’est Ă©coulĂ©e, alors que vous avez l’impression de n’y avoir passĂ© qu’un quart d’heure tellement la notion de temps devient imperceptible, tellement vous ĂŞtes en alerte, en apprentissage constant. Nous avons, par exemple, appris que malgrĂ© l’idĂ©e reçue que nous avions, il Ă©tait probablement plus dangereux pour une personne non-voyante d’ĂŞtre en pleine nature qu’en pleine ville, le cadre de la ville, notamment celui de Stockholm Ă©tant particulièrement prĂ©parĂ© pour accueillir ces personnes et leur donnant de nombreux repères auxquels elles peuvent s’accrocher, Ă dĂ©faut de les voir. Pour conclure, c’est une visite 100% humaine que nous vous recommandons de faire si vous voulez vous ouvrir certaines perspectives et vous enrichir, sachant qu’en plus vous donnez la possibilitĂ© Ă des personnes en situation de handicap de travailler tout en prenant plaisir Ă partager leur expĂ©rience avec vous.

La fin de la journĂ©e approchant, nous nous sommes penchĂ©s sur nos options pour le repas du soir. Nous avions repĂ©rĂ© un Vapiano non loin de notre position. Ce dernier Ă©tant complètement plein, et n’ayant pas envie d’un plan B dans notre choix, notre compromis s’est portĂ© sur retraverser la moitiĂ© de la ville pour se diriger vers un autre restaurant de la mĂŞme enseigne, moins plein Ă craquer celui-ci, et ainsi profiter d’une valeur sĂ»re pour terminer cette journĂ©e Ă©prouvante en marche et en lutte contre le climat suĂ©dois revenu Ă la charge brutalement en dĂ©but d’après-midi.


