Bretagne – 2025

Ville qu’on voulait découvrir depuis de nombreuses années maintenant, Amiens ne s’était jamais vraiment retrouvé sur notre route jusque là. Avec l’arrivée de notre fille, aux longs trajets nous avons préféré des sessions plus courtes, et ainsi plus propices aux découvertes intermédiaires et arrêts pour se dégourdir les jambes et la tête. L’idée était de pouvoir profiter du voyage en famille et d’en faire un élément à part entière de nos vacances, plutôt que de juste subir la route.

Notre premier objectif, à Amiens, était de parcourir les hortillonnages, ces marais aménagés en jardins (les hortillons), accessibles presque uniquement en barque via les différents canaux qui les bordent. Nous avions réservé un tour guidé par internet, avec un départ à l’arrière du restaurant O’Jardin, intéressant par sa proximité avec notre chambre, située elle, non loin de la maison de Jules Verne. Si nous nous attendions à apprécier ce petit tour, nos attentes ont encore été dépassées. Nous ne pensions par avoir autant l’occasion d’observer de beaux exemples de faune préservée, avec par exemple des grèbes, des hérons, et d’autres oiseaux des marais. Le guide était très sympathique, véritable spécialiste des jeux de mots, et aura su nous faire découvrir assez justement les marais, les jardins et les habitants des lieux, à deux ou quatre pattes.

Juste à côté de l’embarcadère, nous découvrons la très charmante rue Saint-Leu, et rejoignons ensuite tranquillement la cathédrale. Il s’agit de la plus grande cathédrale de France en termes de volumes intérieurs. Elle ne détrônera pas celles de Metz et Strasbourg, bien ancrées dans nos cœurs un peu chauvins, mais elle mérite assurément qu’on la contemple depuis son parvis, et surtout qu’on y entre. Nos objectifs de la journée étant atteints, nous finirons notre première journée de vacances en déambulant au gré de nos envies, entre magasins et spectacles de rue, dans le cadre d’une fête estivale.

En réfléchissant à ce qu’on allait faire comme arrêts, et après avoir décidé, passant non loin d’Amiens et Rouen, d’en profiter pour les découvrir, nous nous sommes également demandés comment faire profiter tous les membres de la famille. C’est ainsi que nous sommes tombés sur la Forêt Monumentale, en périphérie de Rouen. Elle expose, le long d’un sentier relativement praticable, y compris avec une poussette taillée pour la ville, des œuvres parfaitement intégrées à la nature qui les entoure. Petit clin d’œil à notre Roadtrip au Danemark, nous avions vu que Thomas Dambo y avait d’ailleurs apporté un de ses fameux géants de bois. Nous les avions, déjà à l’époque, cherchés avec entrain aux quatre coins de la région de Copenhague. Si le début du parcours est un peu timide, on ressort de la forêt relativement séduit par son côté envoûtant, préservé de toute distraction touristique, et séduits par la diversité des œuvres. Elles font appel à la sensibilité de chacun, entre couleurs, sons et dimensions impressionnantes.

Il, avait coché Rouen pour y voir également sa cathédrale, et même si Amiens ne démérite pas, nous lui avons préférée sa voisine bordée par la Seine. Nous avons particulièrement été séduits par la concentration de son centre historique plein de charme et l’intégration parfaite des boutiques dans les anciennes bâtisses et ruelles qui le composent. Ne manquez ainsi pas le superbe office du tourisme, faisant face à la très belle cathédrale, et descendez ensuite la rue du gros horloge, où comme son nom l’indique, vous finirez par passer sous une tour agrémentée d’une impressionnante horloge. Vous arriverez ainsi sur la place du Vieux-Marché, assez vivante à l’heure où nous y sommes passés, place tristement célèbre, ou pas d’ailleurs, pour avoir été le théâtre du bûcher de Jeanne d’Arc. Une église porte par ailleurs son nom sur la place mais ne convainc assurément pas par son aspect, et seul un petit écriteau témoigne encore aujourd’hui de ce lieu important de l’Histoire de France.

Un peu à l’écart de ce très typique centre-ville, nous découvrirons le jardin des plantes, où nous avons profité d’une rapide accalmie dans cette météo compliquée de début de vacances. Nous sommes aller en arpenter les allées, n’hésitant pas à nous réfugier dans les serres lors des passages de pluie dense. Il s’agira là, encore une fois, d’une bonne petite parenthèse pour notre fille qui saura s’émerveiller de chaque fleur et chaque nouvelle découverte. Un petit coin idéal en famille donc, loin de l’activité du centre, et n’ayant rien à envier à bien d’autres jardins de villes plus grandes. Petite astuce dont nous n’avons pas profité, il est possible d’avoir un superbe panorama sur la ville depuis la côte Sainte-Catherine.

La cité malouine ! Nous y revoilà, à trois cette fois. Un grand classique de nos différentes vacances dans l’Ouest, elle reste un incontournable et un endroit où l’on se sent bien. A la fois accessible pour y tremper les pieds dans la Manche, et charmante avec ses nombreuses ruelles et son architecture reconnaissable au premier coup d’œil. Nous apprécions toujours autant s’y promener, surtout que cette année, nous y avons posé nos valises pour deux jours, dans l’idée de ne plus dépendre de notre voiture pour l’arpenter, et ainsi s’éviter les parkings à proximité du centre et tout ce que cela comporte. Ne nous demandez pas pourquoi, mais chaque fois qu’on visite cette ville, le circuit est presque toujours le même, et ce n’est pas pour nous déplaire. C’est toujours vers la mer que nous jetons les premiers regards, en longeant à droite juste après avoir franchi les portes de la ville, et en accédant ainsi directement au-dessus des remparts. Nous profitons ainsi de la vue sur l’eau, qui borde la ville, jusqu’à en avoir fait presque le tour, et retournons ensuite au cœur de ses ruelles agitées, pour se laisser emporter dans une autre atmosphère, plus chaleureuse et protégée des éléments.

Même si nous en avions des bons souvenirs, nous avons, cette fois-ci, profité d’avoir le temps, pour l’arpenter en long, en large et en travers. Et ça en vaut vraiment le coup ! Les boutiques sont, pour la plupart, de qualité, mettent en avant des produits locaux ou de bonne facture, et nous avons vraiment apprécié y passer du temps. Cela nous a également permis de faire le tour de nos options pour déjeuner, et c’est finalement sur le pouce que nous avons dégusté un sandwich dans une boulangerie juste à côté de la cathédrale. De quoi refaire le plein d’énergie avant de retourner nous poser un peu à notre chambre pour que notre fille puisse se reposer (et nous aussi d’ailleurs !).

Notre chambre étant située à Saint-Malo mais pas intra-muros, nous avons saisi l’occasion pour aller découvrir les plages non loin de la cité malouine. Sur les conseils de notre hôte, nous sommes allés au plus près, armés de courage, de la poussette et de tout le nécessaire pour une découverte du sable dans de bonnes conditions pour notre petit poussin. C’est ainsi que nous avons retrouvé les plaisirs simples des vacances sur la plage de la Hoguette, située juste après la plage du Grand Sillon, qui s’étend jusqu’à la ville intra-muros. Notre hôte nous avait indiqué que l’eau était plus propice à la baignade à cet endroit que plus loin sur les côtes bretonnes. C’était probablement vrai mais quoiqu’il en soit, il aurait fallu beaucoup de courage pour s’y tremper, même en plein été et par cette belle météo. L’expérience n’en a pas pour autant été réduite et nous avons profité d’un bon moment sur cette plage qu’on recommandera autant pour son cadre, avec les grandes villas qui nous surplombent depuis la digue, que pour la qualité des infrastructures.

L’un de nos objectifs de ces vacances en Bretagne était de faire de la randonnée en famille, à un niveau pouvant correspondre à tous. A savoir, pas trop difficile, pas trop long, mais quand même dépaysant et le plus authentique possible. Si l’île de Bréhat a été, un temps, évoquée dans nos plans, nous lui avons préféré une autre île, qui est en fait une presqu’île : l’Ile-Grande. Parmi les raisons de notre choix, son accès plus simple qu’à Bréhat, imposant une traversée en bateau, de trouver une place de parking pas loin de l’embarcadère, de marcher ensuite un peu plus pour profiter de jolis paysages en dehors des sentiers très touristiques. En tout cela, l’Ile-Grande a parfaitement répondu à nos attentes.

Située à moins de 30 minutes de notre lieu de vacances, le camping le Ranolien, elle est très facile d’accès et propose de nombreux petits parkings bien répartis (mais pas forcément annoncés), permettant de partir du point qui vous inspirera le plus. Nous avions préparé notre balade du jour en amont, comme souvent, et avions à la fois un itinéraire et un emplacement privilégié pour laisser la voiture. C’est donc du parking à proximité de la plage de Toul Gwenn que nous avons pris le départ cette petite boucle d’environ 7km autour de l’île, largement suffisante pour être bien dépaysé et contenter toute la famille, entre petits sentiers longeant les clubs de voile côté sud et grandes étendues plus désertiques au nord de l’île, côté mer.

Au milieu de la randonnée, nous avons fait une petite pause au refuge de la Ligue de Protection des Oiseaux, où il est possible d’apercevoir certains pensionnaires en extérieur et d’y entrer pour une emplette à la boutique, une réservation d’excursion (bateau ou randonnée découverte) ou encore d’y visiter l’exposition et soutenir ainsi les différentes missions de sauvegarde. La seconde partie était encore plus tranquille que la première, plus exposée aux vents et plus sauvage. Notre fille commençant tout doucement à trouver le temps long, nous avons écourté le passage jusqu’à l’extrémité Ouest, bien que nous vous le conseillons pour avoir de beaux points de vue à la pointe Saint-Sauveur. Le retour jusqu’au parking se fait au travers d’un marais maritime où la vue était un peu désolée en raison de la marée basse. Mais c’est aussi cela le charme des marées, offrir des paysages très différents en très peu de temps. Juste avant de retrouver la voiture, nous avons assisté au retour des premiers baigneurs courageux et impatients de retrouver la mer remontant progressivement dans l’anse au sud de l’île. Nous concernant, ce sera pour une autre fois ! Mais pour nos courageux lecteurs, il y a des bons spots à exploiter à cet endroit !

Incontournable de la côte bretonne, le sentier des douaniers offre l’un de ses plus beaux, et par extension l’un des plus empruntés, tronçons entre Perros-Guirec et Ploumanac’h. Nous l’avions gardé sous la main les premiers jours, lui préférant des escapades un peu plus éloignées, ou encore un peu de repos au camping. Mais en ce beau début de journée ensoleillée, nous avons préparé tout le nécessaire pour une petite aventure, sans même avoir besoin de prendre la voiture.

Depuis le camping du Ranolien, nous avons démarré notre boucle en partant côté terre, afin de revenir en longeant le littoral. Heureusement que nous avons privilégié un départ en fin de matinée, car même si les températures n’étaient pas infernales, le soleil a quand même laissé quelques traces sur le retour. Mais cela ne nous aura pas empêché de profiter pleinement de cette randonnée, très facile par endroit, un peu plus technique à d’autres, sans pour autant être franchement exigeante. On déconseillera toutefois de parcourir ce tronçon avec une poussette, de nombreuses séries de marches pouvant bien dégrader l’expérience. Encore une fois, la météo aura contribué à la magie de cette balade, le brouillard masquant, au début, une partie du paysage, jusqu’à le laisser se dévoiler progressivement, laissant place à un beau soleil. Malgré le monde, les nombreux points de vue permettent à chacun de profiter sans pour autant se sentir à l’étroit. Bien évidemment, à certains arrêts, comme le phare de Mean Ruz, le sentier devient trop étroit pour contenir tout le monde, mais cela reste acceptable pour en profiter. C’est à côté de la cale de Porz-Kamor que nous profiterons d’une pause repas, en compagnie d’un bateau de la SNSM en haut de ses rails de mise à l’eau.

A cet endroit de la côte, les nombreux recoins dans le granit rose permettent de trouver de bons endroits pour s’asseoir, au soleil ou à l’ombre, vue terre ou mer, au goût de chacun. Nous avons vraiment apprécié cette balade, offrant une magnifique vue sur les nombreux rochers remarquables, accentué de quelques points remarquables, et avec en toile de fond l’archipel des sept îles, refuge pour de nombreux oiseaux, que nous découvrirons un peu plus tard, au prix d’une sortie en mer bien trop mouvementée pour Il, mais finalement pas pour elles !

S’il fallait remercier quelqu’un pour cette sortie, ce serait nos voisins de table lors de notre premier dîner au camping. En effet, un bébé aidant bien à briser la glace, nous avons rapidement sympathisé avec un couple de touristes belges, habitués du coin, nous ayant vraiment bien conseillé avec le recul. Merci à eux pour la validation de l’Ile Grande et pour nous avoir conseillé de faire appel à la LPO pour notre découverte des sept îles. En effet, qui mieux que la Ligue de Protection des Oiseaux pour présenter cet archipel servant de refuge à l’unique colonie de fous de Bassan de France.

Petite avertissement toutefois, pour ceux n’ayant pas le pied marin, ou l’estomac solide, Il, a été particulièrement chahuté par cette sortie en mer, alors que globalement il s’agissait d’une journée calme d’après les habitués. De nombreux passages de la sortie se font en stationnaire à contempler les différents recoins de l’île, au gré des oiseaux, et des vagues par extension. Le bateau est donc beaucoup plus animé que lorsqu’il se déplace en continu, et c’est à savoir si vous voulez en profiter pleinement. Cela ne nous a toutefois pas empêché d’apprécier cette sortie, bien qu’en seconde partie de voyage, Il, regardait plus à l’horizon que sur les îles ! Autre anecdote, particulièrement appréciable si à un moment votre estomac vous lâche, il n’y a réalité que 5 îles et non 7, l’erreur venant à priori d’une déformation de la prononciation bretonne de l’archipel. De quoi vous ramener un petit peu plus vite que prévu sur la terre ferme, même si au global la visite est relativement étoffée et dure deux bonnes heures avec 20-25 minutes de trajet aller, puis retour.

Nous aurons également eu l’occasion d’apercevoir le museau d’un phoque flottant à la surface non loin de la troisième île. Mais le point d’orgue restera quand même les nombreux moments passés près de la colonie de fous de Bassan, entre instants de pêche, tourbillons dans les airs, et séchage à terre. Il nous en restera vraiment un très bon souvenir, hors du temps. Autre spécimen ayant animé notre sortie, un macareux, l’un des derniers à n’avoir pas encore quitté l’archipel en cette saison. Notre conseil sera donc, si vous souhaitez les découvrir, de le faire le plus tôt possible dans l’été, avant qu’ils ne quittent les lieux pour y revenir l’année d’après. S’il est possible, pour certaines expéditions, de s’arrêter sur l’une des îles pour environ une heure, nous n’y avons vu que peu d’intérêt, mais cela reste une option.

Dernier arrêt de notre semaine en Bretagne, le gouffre de Plougrescant nous aura fait parcourir quelques kilomètres entre campagne et littoral breton. Nous l’avons vu comme un complément évident de notre balade sur le littoral de Perros-Guirec, avec encore de belles formations granitiques au creux desquelles certains y ont vu l’opportunité de loger une habitation. Le gouffre du diable, qui tient son nom du bruit que le vent et l’eau peuvent y créer lorsqu’on s’en approche, mérite également les quelques centaines de mètres à parcourir depuis le parking à proximité. Nous y passerons une petite heure, à s’imprégner des éléments, à faire quelques photos tous les trois, et à dire au revoir une dernière fois à ce petit coin de France qui nous aura gentiment accueillis pour cette première parenthèse estivale de Il & Elles.

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