Croatie – 2024 – Split & Dubrovnik

Nous consacrons une matinée à la route pour rejoindre à nouveau la côte. Nous arrivons à la plage du Kastelet à Split vers 13h et trouvons une place à l’ombre avec beaucoup de chance. Grand déballage de la tente de plage pour se créer un peu d’ombre et baignade pour se rafraîchir. Il, commence à rentabiliser son masque de plongée, un billet de 5€ trouvé sous l’eau, c’est un bon début. 😅

Après avoir pris possession de notre petit logement dans un quartier un peu étrange, nous repartons vers le centre-ville pour un Free tour de 1h30 environ avec Civitatis. Nous avons découvert qu’il était possible de participer à ces visites gratuites dans de très nombreuses villes (nous l’avons fait à Split, Zadar et Dubrovnik). Les guides sont payés à l’appréciation des touristes et vous pouvez donc donner ce qui vous semble juste. Certains ne donnent même rien, ce qui ne nous semble d’ailleurs pas très correct. Attention toutefois, ces visites sont majoritairement en anglais.

La visite nous permet d’en savoir un peu plus sur l’histoire de la Croatie en général et de Split en particulier, notamment sur le palais de Dioclétien qui, à une époque, formait la ville à lui tout seul. C’est vraiment très joli avec toutes ces vieilles pierres et on est admiratif de ce que les architectes et esclaves (ne l’oublions pas) de l’époque, étaient capables de construire, sans toutes les techniques et connaissances que nous avons aujourd’hui. A la fin de la visite, nous cherchons un endroit pour dîner et nous rendons à la pizzeria Sette Sorelle. Heureusement pour nous, n’être que deux nous garantira une table immédiate malgré la file de gens patientant leur tour. On reconnaît que la pizza était très bonne, malgré la chaleur ambiante toujours un peu étouffante avec ses 35° encore à plus de 20h. Il nous faudra donc une glace pour nous rafraîchir ! Partis pour cela, nous passons par la place de la République, sur le chemin du glacier. Après un dernier tour dans les ruelles du palais pour espérer voir (sans succès) la place centrale, où se jouait un concert classique, nous regagnons notre chambre pour un sommeil bien mérité. 

Sur la route de Dubrovnik et à la recherche d’une plage pour la matinée, on choisit Brzet à 45 min de Split. La cadre est superbe, avec les arbres plantés sur la plage, pour apporter de l’ombre, et les montagnes qui nous entourent. Mais, à peine arrivés, on entend l’orage qui arrive au loin, très loin d’abord. Mais les minutes passant, il se rapproche de plus en plus et on décidera donc d’une manœuvre de repli une petite heure après notre arrivée. On aurait aimé en profiter plus longtemps mais c’est comme ça, on ne peut pas contrôler la météo. L’objectif route du jour étant Dubrovnik, ce n’est pas très grave et on décide de passer par la côte pour éviter les péages et espérer avoir de beaux paysages une fois l’orage passé. On aura effectivement cette chance, environ une heure plus tard, après l’un des plus beaux orages de notre vie. On atteint Dubrovnik sans avoir besoin de passer par la frontière bosnienne, grâce a un pont nouvellement terminé et qui permet de contourner par une île croate. On arrive finalement dans l’après-midi et allons la terminer à la découverte des remparts (35€ par personne !) qui ceinturent la vieille ville. On trouvera le prix excessif malgré les beaux points de vue, mais étant venus jusque là, nous ne voulions pas laisser passer cette opportunité… On s’autorise toutefois à une petite pause dans un des bars disséminés sur le pourtour des remparts. Nous finissons la soirée dans notre logement, pas le meilleur malgré son prix (l’un des plus élevés du voyage)…

Dubrovnik n’était peut-être pas l’arrêt le plus judicieux étant donné le ratio temps de route/temps sur place. Mais, la visite guidée du lendemain matin avec Lora nous aura convaincus que c’était finalement un arrêt à faire. Elle nous en a appris beaucoup sur l’histoire de la ville et l’entendre raconter ses propres anecdotes de vie pendant la guerre, qui finira par dissoudre la Yougoslavie, rend cette visite aussi passionnante qu’inquiétante par le fait que l’Homme finit trop souvent par retomber dans ses propres travers… 

A noter : les transports publics à Dubrovnik sont catastrophiques. Il y a peu de lignes, encore moins d’infos, et la ville étant tout en collines, il faut souvent encore beaucoup marcher et beaucoup grimper après être arrivé à un arrêt.

Si l’Histoire de Dubrovnik ne vous intéresse guère, vous pouvez éluder la fin de l’article 😉 puisqu’il s’agit là d’une retranscription de ce que notre guide nous a appris sur la ville :

Dubrovnik était une République pendant de nombreux siècles et s’affranchissait de l’Empire Ottoman en payant une taxe pour rester indépendante et être protégée. Pour ne plus avoir à payer cette taxe, la République de Dubrovnik céda 10km de côte à l’Empire. Aujourd’hui ces 10km appartiennent à la Bosnie-Herzégovine et jusqu’à il y a 3 ans, cette partie de littoral séparait la province de Dubrovnik du reste de la Croatie continentale. 

Le Saint protecteur de la ville est Saint Blaise car après un tremblement de terre, sa statue en métal a été la seule à ne pas être détruite. On peut l’apercevoir et le reconnaître un peu partout dans la ville car il tient une version miniature de la cité dans sa main. 

Elle nous raconte aussi que lors de la guerre de 91 à 96 pour l’indépendance de la Croatie, elle avait 11 ans et se souvient du manque d’eau et d’électricité. A tel point que les bains, la vaisselle et le linge se faisait dans la mer voisine et que les gens risquaient leur vie lors des bombardements et des incendies de maison pour récupérer les bouteilles de butane, indispensables à la cuisine. À cause de l’omniprésence de l’eau de mer à cette époque, aujourd’hui elle ne sale plus aucune de ses préparations. Lora dit qu’elle a mangé assez de sel pour toute sa vie lors de cette période.

Pour éviter la fuite des habitants avant la guerre, chaque famille devait déposer l’équivalent de 10 000€ sur un compte en banque bloqué, assurant leur retour au pays. C’est ainsi que les voisins de quartier associaient leurs économies, et chaque mois, un autre chef de famille partait pour l’Italie voisine et contournait l’embargo, ramenant bananes et chocolat entre autres.

À l’entrée de la vieille ville, elle nous montre d’un côté, un ancien monastère où vivaient des nonnes, et de l’autre, une église où vivent encore des prêtres aujourd’hui. Sous nos pieds, des tunnels où ces religieux se retrouvaient et s’adonnaient aux plaisirs de la chair donnant lieu à des grossesses non souhaitées et des abandons d’enfants sur la place en pleine nuit. C’est ainsi que la République de Dubrovnik créa au 13e ou 14e siècle (la date est incertaine) le premier orphelinat, où il était interdit de poser des questions aux mères qui venaient déposer leurs enfants dans un panier et sonnaient la cloche indiquant cette nouvelle arrivée. Non seulement étaient accueillis les enfants illégitimes des religieux, mais aussi ceux des nobles fricotant avec des moins nobles. Ceux-là étaient laissés à l’orphelinat avec une boucle d’oreille dont la jumelle était gardée par la famille d’origine. À 6 ans, les enfants devaient retourner à la rue, et les familles nobles ayant alors réglé les problèmes de légitimité venaient rechercher leur enfant en présentant cette boucle. Si l’enfant n’était plus là, ils en recueillaient, à priori, un autre… Assurant ainsi l’éducation et la protection d’un enfant en ayant besoin. Celle-ci a d’ailleurs toujours été essentielle pour la République de Dubrovnik.

Dans un autre registre, c’est à Dubrovnik que fut mise en place la première quarantaine suite à un retour de bateau dont les passagers étaient contaminés par un mal étrange. Les ayant d’abord mis sur une île au large, les autorités se sont aperçues que cela ne permettait pas une aide rapide. Ils ont alors édifié un bâtiment près du port pour pouvoir mettre les malades en quarantaine mais aussi les soigner.

Ce fut une visite vraiment très enrichissante pour comprendre l’histoire de la ville et ce qu’il s’y est passé depuis la guerre. Notamment la cession progressive des maisons de la vieille ville par les familles locales qui ne pouvaient plus les entretenir pour environ 100 000€. Cela leur permettait de s’acheter un terrain et construire une nouvelle maison, sur la colline en face du cœur historique de Dubrovnik, et de garder un petit pécule pour d’autres projets. Aujourd’hui, le nouveau maire élu il y a 4 ans, essaye de faire revenir ces familles dans la vieille ville en offrant de généreuses aides et ainsi réinstaurer la vie en plein cœur historique et par conséquent garantir l’authenticité de ces lieux. La guide semblait très satisfaite de cet élu!

Les relations avec la Serbie et le Monténégro sont aujourd’hui apaisées bien que la Serbie n’ait jamais reconnu sa responsabilité dans la guerre. On sent que l’Histoire de la guerre est tout de même encore assez vive et qu’il faudra encore de nombreuses années pour que la sérénité revienne et que la population puisse pardonner, à défaut d’oublier. 

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