Les Pouilles – Italie – 2023 – Côté Terres

Sur la route de Matera depuis Bari, Altamura est un arrêt intéressant, et une visite facilement accessible depuis les parkings autour de la vieille ville. En ce qui nous concerne, dès que nous avons quitté la voiture, c’est par la Porta Bari que nous sommes entrés dans les charmantes ruelles du cœur historique. On tombe ainsi rapidement sur de beaux bâtiments tels que la Chiesa di San Biagio, la Chiesa di San Nicola dei Greci et enfin la Cattedrale di Santa Maria Assunta, aussi belle de l’extérieur qu’à l’intérieur. Mais le charme de la ville ne s’arrête pas à cette rue principale, et on dira même qu’il commence dans toutes les ruelles adjacentes. Au fil de nos déambulations, nous passerons sous l’Arco Basso, l’une des « plus petites arches d’Italie »…! Vous trouverez aussi des endroits préservés, notamment des petites boulangeries dans lesquelles est réalisé le Pain AOP d’Altamura, cuit à l’ancienne dans de vieux fours à bois. De retour sur la Piazza Duomo, nous prendrons le temps de déguster les « foccacie farcite », spécialités locales achetées un peu plus tôt à l’Antico Forno Santa Chiara (sans pour autant goûter le fameux pain local – une grosse boule de pain à l’ancienne – le boulanger ne voulant pas nous en vendre un morceau raisonnable, et n’ayant que faire d’autant de pain), sous un magnifique soleil d’automne. Nous reprendrons ensuite la route vers Matera, notre seule parenthèse en dehors des Pouilles, mais quelle parenthèse ! Comptez ainsi environ deux heures pour découvrir brièvement Altamura, une grosse demi-journée si vous y prévoyez des visites éventuelles.

Il, n’avait jamais entendu parler de Matera avant d’en découvrir certaines de ses ruelles dans James Bond : Mourir peut attendre. Elle, connaissait déjà un peu de nom avant de planifier ce RoadTrip. Maintenant vous saurez qu’il s’agit de la plus vieille ville d’Italie et de la 2ème au monde après Jericho et qu’elle ne se résume pas qu’à ça évidemment. Comptez une demi-journée pour un bon aperçu, une journée complète si vous souhaitez en explorer tous les recoins, et encore davantage si vous y prévoyez des arrêts insolites. On pense par exemple à ce café intégré dans la roche qu’on a traversé pour rejoindre un point de vue sur la ville, mais qu’on serait bien incapable de replacer tellement la ville est étriquée et vos déplacements conditionnés à un bon sens de l’orientation, et un peu de chance parfois, pour ne pas tomber sur une impasse. Matera, c’est en résumé une très belle ville, composée de deux Sassi, le Sasso Caveoso plus préservé et témoin encore actuel du mode de vie des habitants, et le Sasso Barisano, plus amplement rénové et où il est possible de boire un verre ou de se restaurer. Elle ne démérite pas non plus sur le plan des jolis lieux, avec la Piazza Vittorio Veneto, mise en valeur par une œuvre intitulée l’arbre de la paix lorsque nous y étions, et la Basilica Cattedrale, qui obligera les plus aventuriers à descendre dans le Sasso pour la rejoindre et ainsi mieux comprendre pourquoi Matera est assurément un crochet incontournable. Pour un aperçu de la vieille ville dans son ensemble, il faudra reprendre la voiture et rejoindre le Belvedere Murgia Timone. Une belle façon de finir cette journée.

Petite ville pleine de charme, comme la plupart des bourgades de la région, Martina Franca met en avant sa très belle architecture baroque. Nous l’avons d’abord découverte côté marché, celui-ci tombant le jour de notre visite. C’était l’occasion pour nous de s’imprégner de la culture locale, de trouver des ustensiles de cuisine permettant de préparer les spécialités italiennes que nous apprécions tant, mais également de se rendre compte qu’il est encore possible de trouver certains produits locaux à prix contenus. Au retour de cette petite parenthèse, c’est par la belle Porta di Santo Stefano que nous entrons dans la vieille ville, avec très rapidement le Palais Ducal qui nous salue. En poursuivant tranquillement la Via Vittorio Emanuele, ce sera autant les monuments que les petites boutiques ou les ruelles typiques qui retiendront notre attention.

Tous les guides sur les Pouilles vous diront d’aller visiter cette ville qui tient son nom de l’organisation circulaire de son centre-ville. Pour être honnête, nous avons plus apprécié la vue sur la ville depuis la route – car son emplacement au sommet d’une colline était plutôt photogénique – que la visite du centre en lui-même. C’est évidemment très mignon, avec des façades blanchies à la chaux qui laissent présager ce que nous pourrons voir plus tard à Alberobello, mais nous ne lui avons rien trouvé de très particulier et n’y aurons passé que quelques dizaines de minutes. Si vous avez un emploi du temps serré, vous pouvez faire l’impasse selon nous.

Voilà peut-être la ville des Pouilles la plus connue mondialement ! Encore une fois, un peu naïvement, nous nous attendions à quelque chose de plus impressionnant… Comme un petit peu à chaque fois lors de ce RoadTrip, nous nous sommes rapidement rendus compte que la partie vraiment intéressante de la ville, était son centre historique agrémenté de ces fameux Trulli, les maisons typiques d’Alberobello. Avant même d’entrer dans la ville, nous avons été étonnés d’en voir tout le long de la route et nous sommes donc rendus compte que ces traces de l’architecture du 16e siècle s’étendent bien au-delà de ce fameux centre-ville. Petit conseil « panino » : avant de nous lancer pleinement dans la visite, nous avons déjeuner à La Pagnotella qui propose de vous préparer des panini en direct. Ils étaient délicieux !

Entrons maintenant dans le vif du sujet !

Les trulli sont des habitations en pierres calcaires typiques des Pouilles. Les toits sont reconnaissables par leur formes coniques recouverts de plaques calcaires dites en encorbellement. Cela donne donc un contraste entre les pierres de l’habitation, blanchies à la chaux, et les plaques du toit qui sont généralement foncées. Leur forme particulière et leur concentration sur l’espace de quelques rues rendent l’endroit charmant et vous fait vous sentir hors du temps. Nous en ferons une première approche très rapide, un déluge de pluie s’abattant sur nous au bout de quelques minutes. La météo ne prévoyant pas de s’éclairer ce jour-là, nous abrègerons notre visite pour mieux revenir quelques jours plus tard sous un grand soleil. Certains trulli permettent un accès à leur « terrasse panoramique ». Malheureusement, tous les accès étaient fermés quand nous y étions. Et chaque trullo rivalise pour attirer les touristes : le plus vieux, le plus petit, le plus beau… Ça reste un endroit extrêmement touristique, de par l’architecture atypique bien sûr, mais aussi parce que beaucoup ont été transformés en boutiques ou restaurants. On y trouve même une chaîne de salon de thé italienne. On a du mal à donner un avis vraiment objectif sur cette visite. Les guides et les réseaux sociaux présentent Alberobello comme un joyau, une ville unique pleine de charme et d’authenticité. La réalité est bien différente et il faut s’y préparer pour ne pas être trop déçu. La zone des trulli n’est pas une ville en elle-même, ce n’en est qu’une toute petite partie. Les touristes sont très nombreux et c’est mission quasi impossible de faire des photos sans personne dessus à moins de s’y déplacer très tôt le matin. C’est effectivement très original et agréable mais il n’y a pas de quoi y passer plus d’une heure ou deux d’après nous.

Nous avons abordé un peu différemment Ostuni, car nous avions un coffret cadeau à utiliser depuis quelques années, pour lequel nous attendions la bonne occasion. C’est ici qu’elle s’est présentée, avec un séjour de deux nuits à l’Ostuni Palace, avec repas du soir, petits-déjeuners et entrée spa inclus. De quoi faire une petite pause pendant notre RoadTrip, mais également une adresse qu’on ne pourra que recommander, de par sa proximité avec le centre de cette jolie petite ville et les prestations offertes.

Ostuni, c’est une ville à quelques kilomètres de la mer, perchée sur une colline, dont le plein cœur se mérite en arpentant ses petites ruelles qui n’en finissent jamais de monter, et ce dès la Colonna di Sant’Oronzo, qui marque la fin des rues et le début des petites ruelles où seules les plus petites voitures des locaux accèdent facilement. Depuis le perron de l’hôtel, nous apercevions la cité blanche comme on la surnomme, à la fois proche et loin, ne sachant pas trop estimer la distance qui nous en séparait. C’est finalement quelques centaines de mètres pour en rejoindre la zone piétonne, qui remonte plus ou moins doucement vers le Duomo di Santa Maria Assunta. On n’y a finalement pas passé beaucoup de temps, mais on a apprécié la vue qu’elle offrait sur la campagne environnante, et sur la mer en contrebas, au loin. Plusieurs restaurants ou bars offrent d’ailleurs la possibilité de boire un verre dans une configuration un peu atypique de terrasses sur différents niveaux. Nous avons, de notre côté, opté pour un restaurant un peu plus traditionnel, Pinzimonio, très sympathique au final.

Lecce, capitale de la province éponyme, dans les Pouilles, ville d’environ 100 000 habitants, cela se ressent de par sa taille et son activité plus prononcée que dans les petits villages parcourus jusqu’alors. Nous l’avons découverte un peu au feeling, se laissant porter par les différents monuments se dévoilant les uns après les autres. Trouver une place de parking non loin du centre n’aura pas été très compliqué (Viale Otranto, si jamais), nous laissant ensuite libre accès à la ville, en commençant par l’amphithéâtre romain, en étant passé devant la Fontana Dell’Armonia. La Piazza Sant’Oronzo, sur laquelle se trouve l’amphithéâtre est un point central de la ville, et l’endroit idéal pour rayonner ensuite vers les différents points d’intérêts. Pour ceux qui souhaitent y entrer d’ailleurs, sachez qu’un pass existe, donnant l’accès à de nombreux bâtiments de la ville. N’ayant pas beaucoup de temps à lui accorder, et ne souhaitant pas aller au-delà de voir les monuments depuis l’extérieur, nous n’avons pas opté pour cette option nous concernant. En résumé, la Piazza del Duomo, le théâtre romain, la porte Rudiae, le Palazzo dei Celestini, la Basilica di Santa Croce et les Giardini Garibaldi sont autant de lieux à ne pas manquer si vous découvrez Lecce, et ce, même sans forcément entrer dans les bâtiments. Une petite demi-journée suffit pour en voir l’essentiel, comptez probablement la journée si vous souhaitez visiter les intérieurs. On ne retiendra en revanche pas vraiment la Lecce contemporaine, ses boutiques et magasins n’étant pas mémorables.

Il est difficile de décrire cette expérience tant elle est riche et impressionnante. La visite ne peut se faire que guidée et il n’est proposé que deux langues: l’anglais et l’italien bien sûr. Nous avions choisi l’itinéraire complet de 3km pour une visite d’environ 1h30 car c’est celui qui nous emmenait jusqu’à la « grotte blanche », le joyau de ces grottes. Il existe un itinéraire plus court d’un kilomètre et qui dure moins d’une heure. A savoir qu’il n’y a pas de différences particulières entre l’un et l’autre si ce n’est cette fameuse « grotte blanche » à la fin du parcours et les photos sont interdites une fois la première partie terminée. C’est bien dommage car nous aurions aimé pouvoir vous montrer ce que les années ont réussi à créer. L’eau s’infiltrant dans la roche, et déposant son calcaire au fil des ans, a bien sûr produit des stalactites, des stalagmites, mais aussi des formations semblables à des rideaux traversés par la lumière projetée dessus. Ce sont des concrétions impressionnantes de par leur finesse et leur couleur. Mais, ce n’est rien comparé à ce qui nous attend au bout du chemin. La « Grotte blanche » s’offre à nous derrière une porte creusée dans la roche après que le spéléologue Anelli se rendit compte qu’il y avait un appel d’air à cet endroit de la grotte. La blancheur de l’albâtre, les colonnes massives semblant soutenir le plafond, les cristaux recouvrant le sol et les milliers d’autres concrétions peuplant ce petit espace, rendent la découverte de cette grotte très émouvante. On aimerait pouvoir y passer davantage de temps, pour pleinement s’imprégner du lieu et en saisir les détails. Ainsi, sa réputation est telle, que cette grotte est définie la plus resplendissante du monde. On peut de notre côté, au moins affirmer qu’il s’agit là de la plus belle que nous ayons pu voir, et nous en avons déjà quelques unes assez renommées à notre actif…

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